Hommage à Jean Ferrat : Le Bilan.

Publié le par lolond

Jean Ferrat était un poète engagé, mais libre. Certes, c'était un homme de gauche, un humaniste qui voulait défendre les causes en lesquelles il croyait, mais qui a toujours voulu conserver ses distances avec les partis politiques en refusant, par exemple, de prendre sa carte au PC. Sûrement pensait-il que cela lui ôterait une part de sa liberté d'expression. Il n'avait sans doute pas tort... Il serait grand temps que nos hommes politiques sachent faire également leur auto-critique !


Le Bilan

Ah ils nous en ont fait avaler des couleuvres
De Prague à Budapest de Sofia à Moscou
Les staliniens zélés qui mettaient tout en œuvre
Pour vous faire signer les aveux les plus fous
Vous aviez combattu partout la bête immonde
Des brigades d’Espagne à celles des maquis
Votre jeunesse était l’histoire de ce monde
Vous aviez nom Kostov ou London ou Slansky

 

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

 

Ah ils nous en ont fait applaudir des injures
Des complots déjoués des dénonciations
Des traîtres démasqués des procès sans bavures
Des bagnes mérités des justes pendaisons
Ah comme on y a cru aux déviationnistes
Aux savants décadents aux écrivains espions
Aux sionistes bourgeois aux renégats titistes
Aux calomniateurs de la révolution

 

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

 

Ah ils nous en ont fait approuver des massacres
Que certains continuent d’appeler des erreurs
Une erreur c’est facile comme un et deux font quatre
Pour barrer d’un seul trait des années de terreur
Ce socialisme était une caricature
Si les temps on changé des ombres sont restées
J’en garde au fond du cœur la sombre meurtrissure
Dans ma bouche à jamais le soif de vérité

 

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

 

Mais quand j’entends parler de « bilan » positif
Je ne peux m’empêcher de penser à quel prix
Et ces millions de morts qui forment le passif
C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis
N’exigez pas de moi une âme de comptable
Pour chanter au présent ce siècle tragédie
Les acquis proposés comme dessous de table
Les cadavres passés en pertes et profits

 

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

 

C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle pas à pas humblement
Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement
Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts en grands sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la terre et du ciel

 

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui


(dịch theo Tố-Hữu!!!)
Không nỗi đau nào riêng của ai
Xi-mô-nốp, nếu còn anh trên đời này nóng bỏng
Có lẽ anh sẽ ca một bài ca "Hy vọng"
Như ngày xưa, anh hát "Đợi anh về"

Giữa mùa đông băng giá tái tê

Tôi lại nhớ Lê-nin
Sắp ra đi, vẫn thanh thản niềm tin
Con Người thắng, vì "Tình yêu cuộc sống"

Thật vậy ư ? Như trong cơn ác mộng

Chuông nhà thơ rung cùng tiếng cầu kinh
Mấy kẻ đốt đền, quỳ gối cầu xin
Thiên đường máu, từ tay bầy quỷ dữ:

Cả đàn sói chồm lên, cắn vào lịch sử

Cào chiến công, xé cả xác anh hùng
Ôi! nỗi đau này là nỗi đau chung
Lương tâm hỡi lẽ nào ta tự sát ?

Lũ phản bội, điên cuồng, hèn nhát

Và cả bay quân cướp nước, giết người
Chớ vội cười! Chân lý vẫn xanh tươi
Cách mạng Tháng Mười vẫn mở đường đi tới.

Từ đổ nát, ta lại xây dựng mới

Rũ bùn dơ, mặt đất sẽ thanh tân
Không sức nào ngăn nổi sức nhân dân
Ngày mai sẽ là ngày mai cộng sản!

(7-11-1991)

Voir aussi/Xem thêm :
  Alizée : Laisla Bonita
 
Stand By Me
√  I Amnesty International : Signatures.
  G-Kill : J'me Voyais Déjà!
  Têtes Raides : L'iditenté.
etc ...

Publié dans ** FR&MONDE

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anachorete29 26/05/2010 23:23



Jean Ferrat, quel chanteur et quel poète avec des chansons comme : "Aimer à perdre la raison" ou la chanson "Que serais-je sans toi", poème de Louis Aragon écrit pour Elsa Triolet.


Cela nous rappelle l'existence d'hommes animés d'un amour passionné pour des femmes qui sont capables de provoquer chez un homme cet amour passionné (ce qui est malheuresement de
plus en plus rare aujourd'hui).


Ce sont ces hommes avec une âme de poète qui parle le mieux de l'amour.


C'est tellement triste de pouvoir de lire sur le web des propos de jeunes femmes sur l'existence d'hommes livrés avec certaines options négatives comme l'option Connard (à l'image
d'une voiture avec options, l'homme assimilé à un simple objet avec options).


Est-ce que la question n'est pas pourquoi des femmes d'aujourd'hui qui le souhaiteraient arrivent de moins en moins à se faire aimer passionnément par des hommes capables de
passion pour une femme ?